Calculer le nouveau loyer
Indices publiés par l’INSEE : ILC (activités commerciales) et ILAT (activités tertiaires).
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Les derniers indices ILC et ILAT
Le calcul se fait avec l'indice prévu au bail, au trimestre de référence et au trimestre de révision. Les huit dernières valeurs publiées par l'INSEE sont reprises ci-dessous. Sur un an, l'ILC du 2e trimestre 2026 progresse de 0,26 % et l'ILAT de 0,63 %.
Valeurs trimestrielles publiées par l'INSEE
| Trimestre | ILC | ILAT |
|---|---|---|
| 2e trimestre 2026 | 137,16 | 138,01 |
| 1er trimestre 2026 | 135,26 | 137,42 |
| 4e trimestre 2025 | 134,62 | 137,21 |
| 3e trimestre 2025 | 137,09 | 137,07 |
| 2e trimestre 2025 | 136,81 | 137,15 |
| 1er trimestre 2025 | 135,87 | 137,29 |
| 4e trimestre 2024 | 135,30 | 137,29 |
| 3e trimestre 2024 | 137,71 | 137,12 |
Source : INSEE, ILC base 100 au 1er trimestre 2008 et ILAT base 100 au 1er trimestre 2010, valeurs relevées le 8 novembre 2026. Les indices du 2e trimestre 2026 ont été publiés en septembre 2026.
Pour remonter plus loin, consultez l'historique complet de l'ILC et l'historique de l'ILAT depuis 2005.
Comment calculer l'indexation du loyer commercial
Le nouveau loyer est égal au loyer actuel multiplié par le nouvel indice, puis divisé par l'indice de référence. L'indice à utiliser est celui que prévoit le bail : l'indice des loyers commerciaux (ILC) pour les activités commerciales et artisanales, l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) pour les activités de bureaux.
Les deux valeurs doivent concerner le même indice. Le trimestre de référence est celui que fixe la clause du bail, ou celui du dernier prix fixé ; le nouvel indice est celui du trimestre correspondant à la date de la révision.
Exemple chiffré, avec des valeurs fictives
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Loyer annuel actuel | 24 000 € HT |
| Indice de référence (fictif) | 130,00 |
| Nouvel indice (fictif) | 133,90 |
| Calcul | 24 000 × 133,90 ÷ 130,00 |
| Nouveau loyer annuel | 24 720 € HT |
| Variation | + 3,00 % |
| Écart | 720 € par an, soit 60 € par mois |
Ces valeurs d'indice sont inventées pour l'exemple. Utilisez toujours les valeurs publiées par l'INSEE.
Indexation ou révision triennale : quelle différence
La clause d'indexation, ou clause d'échelle mobile, est prévue par le bail : le loyer varie automatiquement, en général chaque année, selon l'indice choisi. Aucune démarche n'est nécessaire, mais le calcul doit respecter exactement les termes de la clause.
La révision triennale est prévue par la loi, même sans clause : le bailleur ou le locataire peut la demander tous les trois ans, dans les conditions de l'article L. 145-38 du Code de commerce. Elle ne s'applique pas d'elle-même et suppose une demande.
Les deux mécanismes ne se cumulent pas forcément de la même façon selon la rédaction du bail. En cas de doute sur la clause, sur le trimestre de référence ou sur une variation importante, l'analyse du bail s'impose avant d'envoyer une demande ou d'accepter un nouveau loyer.
ILC ou ILAT : quel indice pour votre bail
Le Code monétaire et financier admet deux indices pour indexer un loyer de locaux professionnels. L'ILC vaut pour les activités commerciales ou artisanales définies par décret ; l'ILAT vaut pour les autres activités et pour les activités exercées par les professions libérales (article L. 112-2 du Code monétaire et financier).
En pratique, l'indice à utiliser est celui que prévoit la clause d'indexation du bail, au trimestre qu'elle désigne. Si le bail ne vise pas le bon indice pour l'activité exercée, ou ne précise pas le trimestre de référence, faites relire la clause avant tout calcul.
Augmentation du loyer commercial : plafonnement et lissage à 10 %
Lors d'une révision triennale, la hausse ou la baisse du loyer ne peut pas dépasser la variation de l'ILC ou de l'ILAT intervenue depuis la dernière fixation amiable ou judiciaire du loyer. L'exception vise le cas où une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité a entraîné, à elle seule, une variation de plus de 10 % de la valeur locative ; même alors, la hausse qui en découle ne peut pas dépasser, pour une année, 10 % du loyer payé l'année précédente (article L. 145-38 du Code de commerce).
Le même lissage s'applique à la révision demandée parce qu'une clause d'échelle mobile a fait varier le loyer de plus d'un quart : la hausse ne peut pas dépasser 10 % du loyer de l'année précédente, pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er septembre 2014 (article L. 145-39). Le calculateur affiche la variation brute ; il n'applique pas ce lissage, qui dépend de votre dossier.
Comment demander la révision du loyer
La révision triennale ne se déclenche pas seule : le bailleur ou le locataire doit la demander, au plus tôt trois ans après l'entrée en jouissance ou le point de départ du bail renouvelé, puis tous les trois ans (article L. 145-38 du Code de commerce).
La demande est faite par acte de commissaire de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Elle doit préciser, à peine de nullité, le montant du loyer demandé ou offert. Le nouveau prix est dû à compter du jour de la demande ; à défaut d'accord, le juge le fixe (article R. 145-20 du Code de commerce).
Nouveauté 2026 : la clause qui encadre la variation de l'ILC
Depuis le 28 mai 2026, un bail commercial peut contenir une clause qui encadre, dans les mêmes proportions à la hausse et à la baisse, la variation annuelle de l'ILC prise en compte pour la révision du loyer (article L. 145-38-1 du Code de commerce, créé par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026).
Si votre bail contient une telle clause, le loyer révisé peut différer du résultat brut du calculateur : appliquez d'abord la limite prévue par la clause, ou faites vérifier le calcul.
Questions fréquentes sur la révision du loyer commercial
Quand le loyer d'un bail commercial peut-il être révisé ?
De trois façons : chaque année si le bail contient une clause d'indexation, tous les trois ans par la révision triennale prévue par la loi (article L. 145-38 du Code de commerce), et à tout moment si le jeu d'une clause d'échelle mobile a fait varier le loyer de plus d'un quart par rapport au dernier prix fixé (article L. 145-39).
Le loyer peut-il baisser ?
Oui. La loi parle de « majoration ou diminution » du loyer lors d'une révision triennale (article L. 145-38), et les indices peuvent reculer d'un trimestre à l'autre : l'ILC est passé de 137,09 au 3e trimestre 2025 à 134,62 au 4e trimestre 2025.
Quel trimestre de référence faut-il retenir ?
Pour une indexation, celui que désigne la clause du bail. Pour une révision triennale, la variation se mesure depuis la dernière fixation amiable ou judiciaire du loyer (article L. 145-38).
Comment former la demande de révision ?
Par acte de commissaire de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, en indiquant le montant du loyer demandé ou offert, à peine de nullité. Le nouveau prix est dû à compter de la demande (article R. 145-20 du Code de commerce).
Le calculateur tient-il compte du lissage ou d'une clause d'encadrement ?
Non. Il donne la variation brute entre les deux indices. Le lissage à 10 % par an et la clause d'encadrement de l'ILC dépendent de votre bail et de votre dossier : le résultat reste indicatif.