Le bail d'habitation, qu'il porte sur un logement vide ou meublé, est régi par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs, complétée par les lois ALUR (2014) et ELAN (2018). Ce cadre législatif d'ordre public définit les droits et obligations respectifs du bailleur et du locataire pendant toute la durée du bail, de l'entrée dans les lieux jusqu'à la restitution du logement.
Maître Léa Scemama accompagne bailleurs et locataires sur l'ensemble du territoire dans toutes les problématiques liées au bail d'habitation : conseil en amont, gestion des difficultés en cours de bail, négociation pré-contentieuse et représentation devant le juge des contentieux de la protection.
Conseil et rédaction du bail d'habitation
Rédaction et analyse du contrat de location
Le contrat de bail d'habitation obéit à un formalisme strict imposé par la loi : mentions obligatoires, clauses réputées non écrites, documents annexes (diagnostics techniques, état des lieux, notice d'information). Le cabinet rédige des baux conformes à la législation en vigueur et analyse les contrats proposés par les bailleurs ou les agences immobilières pour identifier les clauses abusives ou illicites.
Le cabinet Miraï Avocats intervient pour la rédaction et l'analyse de l'ensemble des types de baux d'habitation :
- Bail de location vide — durée minimale de 3 ans, ou 6 ans pour un bailleur personne morale
- Bail de location meublée — durée minimale d'1 an, ou 9 mois pour un étudiant
- Bail mobilité — 1 à 10 mois, sans dépôt de garantie
- Colocation et clause de solidarité
Encadrement des loyers
Dans les zones tendues soumises à l'encadrement des loyers (Paris, Lyon, Lille, Montpellier, Bordeaux et de nombreuses intercommunalités), le loyer est plafonné par un loyer de référence majoré fixé annuellement par arrêté préfectoral. Le locataire peut contester un loyer supérieur au plafond, et le bailleur peut justifier un complément de loyer sous certaines conditions. Le cabinet vous assiste dans ces procédures, tant devant la commission départementale de conciliation que devant le juge des contentieux de la protection.
Obligations respectives du bailleur et du locataire
Obligations du bailleur
Le bailleur est tenu de délivrer un logement décent, en bon état d'usage et de réparation, conforme aux critères de décence définis par le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 (surface minimale, absence de risques pour la sécurité et la santé, performance énergétique minimale). Il doit assurer la jouissance paisible du logement pendant toute la durée du bail et réaliser les réparations autres que locatives (articles 1719 et 1720 du Code civil, article 6 de la loi du 6 juillet 1989).
Obligations du locataire
Le locataire doit payer le loyer et les charges aux termes convenus, user paisiblement du logement conformément à sa destination, répondre des dégradations survenant pendant la durée du bail et souscrire une assurance habitation couvrant les risques locatifs (article 7 de la loi du 6 juillet 1989). Le manquement à l'une de ces obligations peut entraîner la mise en œuvre de la clause résolutoire ou la résiliation judiciaire du bail.
Contentieux locatif
Le contentieux locatif recouvre l'ensemble des litiges susceptibles de survenir entre bailleur et locataire pendant l'exécution ou à l'issue du bail d'habitation. Le cabinet Miraï Avocats intervient devant le juge des contentieux de la protection (JCP) du tribunal judiciaire compétent, tant en demande qu'en défense.
Loyers impayés et clause résolutoire
Le défaut de paiement du loyer est le motif le plus fréquent de contentieux locatif. Lorsque le bail contient une clause résolutoire, le bailleur doit signifier un commandement de payer par acte de commissaire de justice. Le locataire dispose alors d'un délai de deux mois pour régulariser sa dette. À défaut, le bailleur peut saisir le juge des référés pour faire constater l'acquisition de la clause résolutoire et obtenir l'expulsion du locataire.
Le cabinet intervient pour :
- Côté bailleur : signification du commandement, saisine du juge, obtention de la résiliation du bail et de l'expulsion, recouvrement de la dette locative, mise en jeu de la caution solidaire ou de la garantie Visale
- Côté locataire : contestation du commandement de payer, demande de délais de grâce (jusqu'à 3 ans), suspension des effets de la clause résolutoire, négociation d'un échéancier de régularisation
Procédure détaillée → Pour une présentation complète étape par étape, consultez notre article : Expulsion d'un locataire pour loyers impayés : la procédure complète (2026)
Procédure d'expulsion
L'expulsion d'un locataire obéit à une procédure strictement encadrée : commandement de quitter les lieux, respect du délai de deux mois après signification, suspension pendant la trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars), et le cas échéant, recours au concours de la force publique auprès du préfet. Le cabinet accompagne le bailleur dans chaque étape de cette procédure et défend le locataire contre les expulsions irrégulières ou disproportionnées.
Congé délivré par le bailleur
Le bailleur peut mettre fin au bail en délivrant un congé au locataire pour l'une des trois causes prévues par l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 : reprise pour habiter, congé pour vendre, ou motif légitime et sérieux. Le congé doit respecter un formalisme strict (délai de préavis de 6 mois avant l'échéance du bail en location vide, 3 mois en meublé) sous peine de nullité.
Le cabinet assiste le bailleur dans la rédaction et la délivrance du congé, et défend le locataire qui conteste la validité ou la sincérité du congé (congé frauduleux, absence d'intention réelle de reprendre ou de vendre, protection des locataires âgés ou à faibles ressources).
Restitution du dépôt de garantie
Le bailleur est tenu de restituer le dépôt de garantie dans un délai d'un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, ou de deux mois dans le cas contraire, déduction faite des sommes justifiées (réparations locatives, loyers ou charges impayés). Passé ce délai, le dépôt de garantie produit des intérêts au taux légal majoré de 10 % du loyer mensuel par mois de retard.
Le cabinet intervient pour obtenir la restitution du dépôt de garantie lorsque le bailleur ne le restitue pas spontanément, ou pour défendre le bailleur qui justifie de retenues légitimes.
Régularisation et contestation des charges locatives
Le bailleur doit procéder à la régularisation annuelle des charges locatives en communiquant au locataire un décompte détaillé par nature de charges, accompagné des pièces justificatives. Le locataire peut contester le montant des charges, demander la communication des justificatifs et obtenir le remboursement des sommes indûment versées. Le cabinet assiste bailleurs et locataires dans ces procédures.
Trouble de jouissance
Le trouble de jouissance désigne toute atteinte à l'usage normal du logement par le locataire. Il peut résulter d'un manquement du bailleur à son obligation de délivrance ou d'entretien, ou de circonstances extérieures affectant la jouissance paisible du logement.
Troubles imputables au bailleur
Le bailleur est responsable des troubles de jouissance liés à son propre fait ou à son inaction : défaut d'entretien des parties communes ou des équipements (chauffage, ascenseur, toiture), humidité ou infiltrations non traitées, travaux excessifs perturbant la jouissance du logement, non-conformité du logement aux critères de décence. Le locataire peut solliciter une réduction du loyer proportionnelle au trouble subi, l'exécution forcée des travaux nécessaires et des dommages-intérêts en réparation de son préjudice.
Le cabinet intervient pour :
- Mettre en demeure le bailleur de réaliser les travaux nécessaires
- Saisir le juge des contentieux de la protection pour obtenir l'exécution forcée des travaux sous astreinte
- Obtenir une réduction de loyer au titre du trouble de jouissance
- Solliciter des dommages-intérêts en réparation du préjudice (préjudice de jouissance, préjudice moral, préjudice matériel)
Logement indécent ou insalubre
Lorsque le logement ne répond pas aux critères de décence (surface habitable inférieure à 9 m², absence d'éclairage naturel, installation électrique dangereuse, présence de plomb ou d'amiante, performance énergétique insuffisante), le locataire peut saisir le juge pour contraindre le bailleur à réaliser les travaux de mise en conformité et obtenir une réduction de loyer. En cas d'insalubrité avérée, un signalement à l'agence régionale de santé (ARS) ou à la commune peut aboutir à un arrêté d'insalubrité emportant interdiction d'habiter et obligation de relogement.
Troubles liés aux travaux
La réalisation de travaux par le bailleur dans le logement ou dans les parties communes peut constituer un trouble de jouissance lorsqu'elle excède les inconvénients normaux de voisinage ou lorsque les travaux se prolongent au-delà de 21 jours. Dans ce cas, le locataire peut prétendre à une diminution de loyer proportionnelle à la durée et à l'ampleur du trouble (article 1724 du Code civil). Le cabinet évalue votre préjudice et engage les actions nécessaires.
Trouble anormal de voisinage
La théorie du trouble anormal de voisinage, fondée sur un principe général de responsabilité, permet d'obtenir réparation lorsqu'un voisin cause des nuisances excédant les inconvénients normaux du voisinage. Il n'est pas nécessaire de démontrer une faute de l'auteur du trouble : seule l'anormalité du trouble doit être établie.
Types de troubles concernés
- Nuisances sonores : bruits répétés ou excessifs (musique, travaux, aboiements, activité professionnelle bruyante)
- Nuisances olfactives : odeurs persistantes liées à une activité ou à un défaut d'entretien
- Nuisances visuelles : perte de luminosité, atteinte à l'intimité (vue plongeante)
- Dégâts matériels : infiltrations d'eau en provenance du logement voisin, fissures causées par des travaux
- Occupation gênante des parties communes : encombrement, dépôt d'ordures
Responsabilité du bailleur pour les troubles causés par son locataire
Le bailleur peut être tenu responsable des troubles anormaux de voisinage causés par son locataire. Le syndicat des copropriétaires ou les voisins peuvent agir contre le bailleur par voie d'action oblique s'il reste inactif face aux plaintes. Le bailleur a l'obligation d'intervenir auprès de son locataire (mise en demeure, mise en œuvre de la clause résolutoire, action en résiliation) sous peine de voir sa responsabilité solidaire engagée.
Le cabinet intervient pour :
- Constituer le dossier de preuve (constats de commissaire de justice, attestations de témoins, rapports de mesures acoustiques)
- Mettre en demeure l'auteur du trouble ou son bailleur de faire cesser les nuisances
- Saisir le juge en référé pour obtenir la cessation du trouble sous astreinte
- Obtenir des dommages-intérêts en reparation du préjudice subi
- Défendre le bailleur confronté à une action du syndicat des copropriétaires en raison du comportement de son locataire
Squat et occupation sans droit ni titre
L'occupation illicite d'un logement (squat) constitue une infraction pénale prévue par l'article 226-4 du Code pénal. La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 (loi Kasbarian) a renforcé les sanctions et simplificé les procédures d'évacuation, en complément du dispositif administratif de l'article 38 de la loi DALO.
Le cabinet accompagne les propriétaires dans la récupération de leur bien :
- Procédure administrative d'évacuation forcée auprès du préfet (article 38 de la loi DALO)
- Procédure judiciaire en référé expulsion devant le juge des contentieux de la protection
- Dépôt de plainte sur le fondement de l'article 226-4 du Code pénal (violation de domicile) et de l'article 315-1 du Code pénal (occupation frauduleuse)
- Assistance dans les démarches auprès de la préfecture et suivi de l'exécution de la décision
Sous-location illicite et locations saisonnières
La sous-location d'un logement d'habitation est en principe interdite sans l'accord écrit du bailleur. La sous-location non autorisée sur des plateformes de type Airbnb constitue un manquement grave aux obligations du locataire pouvant justifier la résiliation du bail et la condamnation du locataire au reversement des sous-loyers perçus. La Cour de cassation a récemment confirmé le principe de la responsabilité du locataire dans ces situations.
Le cabinet assiste le bailleur dans l'engagement des procédures de résiliation du bail et de recouvrement des profits tirés de la sous-location, et défend le locataire confronté à de telles actions.
Pré-contentieux : résoudre les litiges avant le procès
De nombreux litiges locatifs peuvent être résolus par une intervention pré-contentieuse efficace, évitant les délais et les coûts d'une procédure judiciaire. Le cabinet Miraï Avocats privilégie cette approche chaque fois que la situation le permet.
Interventions pré-contentieuses fréquentes :
- Mise en demeure du bailleur de réaliser les travaux ou de restituer le dépôt de garantie
- Mise en demeure du locataire de régulariser sa dette locative ou de cesser un trouble
- Négociation d'un échéancier de régularisation évitant la procédure d'expulsion
- Saisine de la commission départementale de conciliation (encadrement des loyers, charges, état des lieux)
- Médiation entre bailleur et locataire en cas de désaccord sur l'état des lieux de sortie
- Assistance dans les démarches auprès de la CAF et de la CCAPEX en cas de dette locative
Pourquoi faire appel à un avocat pour votre bail d'habitation ?
Le droit locatif est un droit technique, en constante évolution, où les délais d'action sont souvent courts et les formalités impératives. Une erreur de procédure peut entraîner la nullité d'un congé, le rejet d'une demande d'expulsion ou la perte du droit à indemnisation.
L'intervention d'un avocat est recommandée dès l'apparition des premières difficultés, qu'il s'agisse d'un impayé de loyer, d'un trouble de jouissance, d'un congé contesté ou d'un litige de voisinage. Une prise en charge rapide permet souvent d'éviter l'escalade du conflit et de préserver les intérêts de chaque partie.
Le cabinet Miraï Avocats intervient à chaque étape de la relation locative : conseil, rédaction, pré-contentieux et contentieux devant le juge des contentieux de la protection.
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Maître Léa Scemama analyse votre situation et vous accompagne à chaque étape de la procédure.