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Droit immobilier

Avocat bail commercial à Paris : bailleurs et preneurs

Renouvellement, déplafonnement, congé et cession du droit au bail, côté bailleur comme côté preneur.

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Le bail commercial est le premier actif du fonds de commerce, et le droit qui le régit se joue sur des délais courts et des formes strictes : un congé délivré trop tard, une demande de renouvellement oubliée, une contestation formée après deux ans, et le droit est éteint. Maître Léa Scemama, avocate au Barreau de Paris, négocie et rédige vos baux, engage ou défend les procédures de fixation du loyer et d'indemnité d'éviction, et sécurise les cessions. Intervention à Paris et en Île-de-France, et dans toute la France en conseil. Voir l'ensemble de nos interventions en droit immobilier.

Comment nous intervenons sur un bail commercial

Comment nous intervenons sur un bail commercial
À quel momentCe que nous faisonsCe que vous recevez
Avant la signatureNégociation et rédaction des clauses sensibles, destination, charges, travaux, cession, garantiesUn bail négocié et une note des risques poste par poste
Reprise d'un fondsAudit du bail existant, risque de déplafonnement, portée de la clause résolutoire et des restrictions de cessionUn avis sur la valeur réelle du droit au bail repris
Échéance triennale ou fin de bailCalendrier des délais, rédaction du congé ou de la demande de renouvellement, réponse au congé reçuDes actes délivrés dans les formes et dans les temps
Désaccord sur le loyerMémoire préalable, saisine du juge des loyers commerciaux, détermination de la valeur locativeUne position chiffrée et défendue devant le juge
Refus de renouvellementNégociation ou contentieux de l'indemnité d'éviction, suivi de l'expertiseUne indemnité argumentée poste par poste
Impayés ou manquementsCommandement visant la clause résolutoire, ou défense et demande de délaisLa procédure engagée, ou les effets de la clause suspendus

Les modalités de facturation figurent sur notre page honoraires.

Les délais du bail commercial qui font perdre des droits

Le statut des baux commerciaux, aux articles L145-1 et suivants du Code de commerce, protège le preneur par le droit au renouvellement et le plafonnement du loyer. Cette protection est conditionnée au respect de délais que la loi ne pardonne pas.

Les délais du bail commercial qui font perdre des droits
ÉchéanceDélaiEffet du dépassement
Prescription biennale, article L145-602 ansToutes les actions fondées sur le statut sont éteintes, y compris la contestation d'un loyer ou d'un congé
Congé du bailleur6 mois avant l'échéance, pour le dernier jour d'un trimestre civil, par acte de commissaire de justiceLe bail se poursuit par tacite prolongation
Congé triennal du preneur6 mois, par acte de commissaire de justice ou par lettre recommandée avec accusé de réceptionReport à l'échéance triennale suivante, soit trois années de loyer supplémentaires
Demande de renouvellement du preneurDans les 6 mois précédant l'expiration, ou à tout moment pendant la tacite prolongationPerte de l'initiative, le bail se prolonge sans date certaine
Réponse du bailleur à la demande de renouvellement3 moisLe silence vaut acceptation du principe du renouvellement
Droit de repentir du bailleur15 jours à compter du jour où la décision fixant l'indemnité est passée en force de chose jugéeLe refus de renouvellement devient définitif et l'indemnité est due

Charges et travaux du bail commercial depuis la loi Pinel

Le bail doit comporter un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances, avec leur répartition entre les parties. Le bailleur doit en outre communiquer un état récapitulatif annuel et un état prévisionnel des travaux envisagés.

L'article R145-35 du Code de commerce interdit d'imputer au preneur, pour tout bail conclu ou renouvelé depuis le 5 novembre 2014 :

  • les dépenses relatives aux grosses réparations de l'article 606 du Code civil et les honoraires liés à leur réalisation ;
  • les travaux de mise en conformité et de vétusté dès lors qu'ils relèvent de ces grosses réparations ;
  • la contribution économique territoriale, ainsi que les honoraires de gestion des loyers du bailleur.

Conséquence directe : une clause qui met à votre charge la réfection de la structure, des murs porteurs ou de la toiture est inopposable, quelle que soit sa rédaction.

Renouvellement du bail commercial, plafonnement et déplafonnement

Au renouvellement, le loyer est en principe plafonné à la variation de l'indice des loyers commerciaux ou de l'indice des loyers des activités tertiaires. Trois portes de sortie existent, et elles pèsent lourd.

  • La modification notable. Le bailleur peut demander le déplafonnement s'il justifie d'une modification notable des éléments de la valeur locative visés à l'article L145-34 : caractéristiques du local, destination, obligations respectives des parties, facteurs locaux de commercialité.
  • La durée effective supérieure à douze ans. Lorsque le bail s'est poursuivi par tacite prolongation au delà de douze ans, le loyer du bail renouvelé est déplafonné, sans qu'aucune modification notable ait à être démontrée. C'est la conséquence la plus sous estimée d'une tacite prolongation confortable.
  • Le lissage. Lorsque le déplafonnement est acquis, la hausse est étalée : elle ne peut excéder 10 % du loyer acquitté au cours de l'année précédente. Ce mécanisme protecteur ne s'applique toutefois pas au déplafonnement résultant de la durée supérieure à douze ans.

En cas de désaccord, la procédure devant le juge des loyers commerciaux suppose la notification préalable d'un mémoire, et la commission départementale de conciliation peut être saisie au préalable.

L'indemnité d'éviction du preneur commercial

Le bailleur qui refuse le renouvellement doit, sauf motif grave et légitime ou insalubrité, verser une indemnité d'éviction réparant l'intégralité du préjudice, en application de l'article L145-14 : valeur marchande du fonds ou indemnité de déplacement selon que la perte est totale ou non, frais de déménagement et de réinstallation, droits de mutation, trouble commercial, licenciements éventuels.

Tant que l'indemnité n'est pas payée, le preneur se maintient dans les lieux et verse une indemnité d'occupation, souvent supérieure au loyer. Le bailleur conserve son droit de repentir dans les conditions rappelées plus haut, à condition que le locataire soit encore dans les lieux et n'ait pas déjà loué ou acquis un autre immeuble.

Cession du droit au bail

La cession au repreneur du fonds de commerce ne peut jamais être interdite. En revanche, la cession isolée du droit au bail peut être strictement encadrée : agrément du cessionnaire, intervention du bailleur à l'acte, garantie solidaire du cédant. Deux formalités sont à ne pas manquer : l'état des lieux contradictoire imposé par l'article L145-40-1, et la purge du droit de préemption commercial de la commune prévu à l'article L214-1 du Code de l'urbanisme lorsque le local est situé dans un périmètre de sauvegarde.

Déspécialisation et sous-location du bail commercial

Changer l'activité exercée dans les locaux suppose une déspécialisation. Le régime dépend de l'ampleur du changement (articles L145-47 et suivants du Code de commerce).

Déspécialisation partielle ou plénière du bail commercial
Déspécialisation partielleDéspécialisation plénière
ObjetAdjoindre à l'activité prévue au bail des activités connexes ou complémentairesExercer une activité différente de celle prévue au bail
DémarcheSimple notification au bailleurAccord du bailleur ou, à défaut, autorisation judiciaire
Délai de contestation du bailleurDeux mois pour contester le caractère connexe ou complémentaire, à peine de déchéanceSans objet : l'accord du bailleur est requis
Effet sur le loyerLes activités adjointes peuvent être prises en compte à la première révision triennale suivante, si elles ont modifié la valeur locative (article L145-47)Indemnité possible pour le bailleur et révision du loyer

La sous-location est en principe interdite, sauf clause contraire du bail ou accord du bailleur (article L145-31 du Code de commerce). Lorsqu'elle est autorisée, le bailleur doit être appelé à concourir à l'acte ; si le sous-loyer excède le loyer principal, le bailleur peut demander une réévaluation correspondante du loyer du bail principal.

Questions fréquentes sur le bail commercial

Combien de temps ai-je pour contester un loyer ou un congé ?

Deux ans. La prescription biennale de l'article L145-60 éteint toutes les actions fondées sur le statut des baux commerciaux, et seule une demande en justice l'interrompt.

Mon bail dure depuis plus de douze ans par tacite prolongation, quel risque ?

Le loyer du bail renouvelé peut être déplafonné du seul fait de cette durée, sans que le bailleur ait à démontrer une modification notable. Le mécanisme de lissage à 10 % par an ne s'applique pas dans ce cas, la hausse peut donc être immédiate et totale.

Puis-je faire payer au locataire la réfection de la toiture ?

Non pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 5 novembre 2014. Les grosses réparations de l'article 606 du Code civil ne peuvent plus être imputées au preneur, et une clause contraire est inopposable.

Le bailleur n'a pas répondu à ma demande de renouvellement, que se passe-t-il ?

Son silence pendant trois mois vaut acceptation du principe du renouvellement. Restent à fixer les conditions, en particulier le loyer, qui peuvent se discuter séparément.

Comment se calcule une indemnité d'éviction ?

Elle répare l'intégralité du préjudice, ce qui recouvre principalement la valeur du fonds ou le coût du déplacement, les frais de déménagement et de réinstallation, les droits de mutation et le trouble commercial. Son évaluation passe le plus souvent par une expertise judiciaire.

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Rédigée par Maître Léa Scemama, avocate au Barreau de Paris, Miraï Avocats. Cette page présente le droit applicable à sa date de mise à jour. Elle a une portée générale et ne constitue pas une consultation adaptée à une situation particulière.

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Maître Léa Scemama vérifie vos délais, négocie vos clauses et vous représente devant le juge des loyers commerciaux.

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